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Nos voeux pour 2024 :

Vers un nouveau paradigme

06.02.2024

En ce mois de février, le temps des voeux pour l’année 2024 n’est plus d’actualité. Pourtant, face aux changements qui s’annoncent à la tête de la DENJS, le SEM souhaite émettre un certain nombre de voeux qui sont chers à la communauté enseignante de la Principauté. 

Le SEM a appris récemment le départ prochain de la DENJS de Madame le Commissaire Général, à laquelle il souhaite une belle retraite après une si riche carrière au sein de l’Éducation nationale monégasque.

Le Syndicat des Enseignants entend rappeler ici qu’il tient à son indépendance et que se voulant le plus inclusif possible, il n’entend pas entrer dans les jeux politiques concernant les prochaines nominations à la tête de la DENJS afin de préserver son indépendance et sa neutralité, neutralité qui lui semble essentielle pour continuer à être un interlocuteur légitime et transparent.

Ce faisant, plutôt que de s’attacher à un changement de personnes dont le choix revient exclusivement au gouvernement princier, le SEM en appelle surtout à un changement de paradigme au sein de la DENJS.

Le SEM milite pour une DENJS bienveillante et à l’écoute des enseignants, avec laquelle il pourra établir un dialogue constructif afin d’améliorer la qualité de l’enseignement et le bien-être de la communauté éducative au sein des établissements de la Principauté.

Ainsi, nous appelons à la fin de toutes pratiques de management par la terreur telles que, notamment : 

  • Les inspections à répétition d’autant plus lorsqu’il s’agit de collègues à un an de la retraite ou de collègues inspectés à 2 ou 3 reprises en seulement quelques années… ces multiples inspections n’ayant aucun sens pédagogique ni aucune légalité ;
  • Les menaces récurrentes de non-renouvellement pour les collègues détachés ;
  • Les contrats de détachement sur un an qui ont pour objectif de précariser certains enseignants afin de les sanctionner pour des raisons toujours obscures ;
  • Les convocations autoritaristes et non motivées qui n’ont d’autre but que celui de mettre la pression sur les enseignants et qui aboutissent trop souvent à une remise en cause de leur pédagogie voire de leur intégrité ;
  • La pression pour une hausse des notes, les enseignants sont les seuls à avoir la compétence pour évaluer leurs élèves ;
  • L’imposition de formations ou de projets non choisis par les enseignants et bien trop souvent « hors-sol » ;
  • La mise à mal de l’autorité enseignante face aux désiderata de parents de plus en plus influents ;
  • Et de façon plus générale, une pression administrative et une déshumanisation des rapports.

Le SEM précise, à toutes fins utiles, que le taux de syndicalisation dans le milieu enseignant en Principauté, particulièrement élevé aujourd’hui (environ 30% du corps professoral), est le reflet du malaise et des souffrances de nombreux collègues au travail. Pourtant, la Principauté dispose d’un corps éducatif particulièrement dévoué et compétent comme le montre d’ailleurs l’excellence des taux de réussite aux divers examens.

Ainsi, nous invitons les futures instances de la DENJS à mettre au cœur de leur projet la revalorisation du travail enseignant ainsi que le respect de l’autorité et des pratiques pédagogiques des professeurs.

 Nous entendons rappeler que le bien-être des élèves ne peut se faire que si le bien-être enseignant est lui-même assuré et que celui-ci passe par un soutien sans faille et déterminé de toutes les équipes de Direction envers chaque collègue.