COMMUNIQUÉ DU SEM :

Rencontre avec le Ministère de l’Intérieur et la DENJS

06.01.2026

Ce lundi 5 janvier à 11 heures, les représentants du SEM ont été reçus au lycée Rainier III par Monsieur Lionel Beffre, Conseiller de Gouvernement pour l’Intérieur, en présence notamment de Monsieur Jean-Philippe Vinci, Directeur de l’Éducation Nationale, de Monsieur Rémy Garoscio, Adjoint au Directeur, de Madame Laure Bottaro, Proviseur du lycée Albert Ier, et de Monsieur Thierry Cassubie, Proviseur-adjoint du lycée Albert Ier.

Monsieur le Conseiller de Gouvernement pour l’Intérieur a tenu à remercier le SEM pour sa présence et son engagement en tant que force de proposition. Il a évoqué en détail les grandes étapes ayant conduit aux décisions d’urgence auxquelles sont confrontés les personnels et les élèves du lycée Albert Ier en ce début d’année 2026.

À la mi-décembre 2025, une accélération de la déformation du mur de la paroi du talus jouxtant l’ancien collège Charles III a été constatée. La pression y a été mesurée aux alentours du seuil d’alerte de 406 tonnes, ayant dépassé le seuil de préalerte (370 tonnes). Pour information, le seuil critique s’établissait à 420 tonnes. Face à ce constat, les plus hautes autorités de la Principauté ont pris la décision, dans le cadre d’un principe de précaution bien compris, de ne pas faire réintégrer les élèves et les personnels à cette rentrée de janvier 2026 et d’avoir recours à des enseignements en distanciel entre le 6 et le 12 janvier 2026, dans l’attente d’expertises plus approfondies et de travaux de sécurisation du site. Ces derniers, effectués en urgence pendant les vacances scolaires, ont permis de ramener la pression à 313 tonnes. 

Néanmoins, pour des raisons de sécurité des élèves et des personnels, la décision a été prise de ne plus réintégrer le site de l’ancien collège Charles III pour le restant de l’année scolaire. Après de multiples concertations, en particulier avec la DENJS, il a été décidé de limiter autant que faire se peut l’usage du distanciel en ce début d’année civile, afin de réduire au maximum d’éventuelles perturbations des emplois du temps.

Trois sites ont été retenus : le site de l’ancienne ISM (International School of Monaco), où seront affectées en priorité les classes de l’enseignement supérieur (BTS et DCG) ; le collège Charles III ; le lycée Rainier III, où l’administration concentrera l’essentiel de ses activités.

Ces sites n’offrant pas une capacité d’accueil suffisante pour l’ensemble des classes, deux piles de bâtiments modulaires, d’une capacité de deux fois onze salles, ont été commandées en urgence et seront équipées pour recevoir des élèves. Elles seront installées à l’arrière du (nouveau) collège Charles III.

La Promenade Honoré II devient ainsi l’artère stratégique reliant les deux principaux sites accueillant les élèves du Secondaire et les personnels. Les temps de déplacement et les distances réduites permettront aux uns et aux autres de se rendre à la cantine, dans leurs salles respectives, dans les différents laboratoires et salles spécialisées, ainsi que dans les bureaux de l’administration. Des zones tampons seront aménagées pour les élèves et les enseignants, afin qu’ils puissent bénéficier d’un cadre confortable pour suivre ou assurer des cours en distanciel lorsque leur emploi du temps ou d’autres contraintes les empêcheraient de demeurer à leur domicile.

En ce qui concerne les délais liés au passage progressif du distanciel complet au présentiel, il a été question d’une quinzaine de jours, soit entre le 12 et le 26 janvier 2026. Le retour à la normale s’effectuera par étapes.

Monsieur Beffre a enfin confirmé que les épreuves finales du baccalauréat se dérouleraient bien sur le site traditionnel du lycée Albert Ier. Grâce à l’accélération des travaux, les élèves pourront, s’il n’y a pas de contretemps, regagner leur bâtiment d’origine et le Rocher fin mai.

Le SEM a pris acte des dispositions prises par les autorités de la Principauté. Tout en regrettant, sans acrimonie, de ne pas avoir été consulté au cours des vacances scolaires, le SEM, par la voix de ses représentants, a réaffirmé sa volonté de demeurer un partenaire impliqué dans l’élaboration de solutions et de travailler de concert avec l’administration. Le SEM a accueilli très favorablement les orientations décidées par la DENJS, dont il salue le travail.

Par ailleurs, les représentants syndicaux ont fait part des inquiétudes de nombreux collègues concernant le risque de fatigue numérique. Ils ont insisté sur la nécessité d’adapter et de moduler les enseignements en distanciel, en tenant compte des difficultés mises en exergue lors du confinement lié à la crise du coronavirus. Ils ont notamment évoqué la nécessité de réduire le temps d’écran pour les enseignants et les élèves par rapport à l’EDT habituel pour ne pas provoquer un épuisement précoce, tant physique que mental. Cela pourrait notamment se traduire par la mise en œuvre d’activités favorisant une plus grande autonomie des élèves.

Monsieur Vinci a jugé légitime la suggestion de ménager des pauses d’un quart d’heure à vingt minutes lorsque les élèves doivent suivre deux, voire trois heures d’affilée de cours en distanciel, tout en précisant, avec Monsieur Beffre, que l’hybridation distanciel/présentiel entraînerait naturellement l’« aération » de l’EDT, pour permettre les déplacements éventuels. Il a également été rappelé qu’il était possible de faire travailler les élèves sur un document pendant une demi-heure. À plusieurs reprises, Monsieur le Directeur de l’Éducation Nationale, de la Jeunesse et des Sports a rappelé sa confiance dans le bon sens, le pragmatisme et le savoir-faire pédagogique des enseignants du lycée Albert Ier. L’administration et le SEM se rejoignent sur la nécessité d’éviter que les élèves n’enchaînent les cours de manière brutale, sans transition.

Le SEM a toutefois rappelé à l’administration qu’il serait utile de communiquer ces rappels officiellement afin d’éviter tout excès dans le domaine du numérique. 

Les représentants du SEM ont également attiré l’attention sur les risques liés à la captation d’images. Là encore, il serait nécessaire de rappeler officiellement les sanctions encourues dans le cas où des images et/ou des paroles seraient enregistrées, diffusées ou détournées sans l’autorisation du professeur.

Suite aux chiffres donnés par Monsieur Beffre en toute transparence, le SEM a également posé la question du risque auquel ont été exposés élèves et personnels suite à la décision du déménagement – décision dont le SEM sait bien qu’elle a été prise par des membres de l’administration qui ne sont plus en poste. Le SEM a évoqué le principe de précaution qui aurait, selon lui, dû présider à la décision entre les deux solutions, rappelées par Monsieur Beffre, de choisir le déménagement au CC3 ou d’échelonner les travaux sur plusieurs années au Lycée Albert Ier.

Enfin, le SEM a évoqué l’autre question sensible, celle de la présence d’amiante au sein de l’ancien collège Charles III. Si le risque paraît limité en raison du faible temps d’exposition — en l’occurrence la dernière semaine précédant les vacances de fin d’année — le SEM a déploré l’absence de transparence dans la communication concernant la mise à l’air et la manipulation de déchets amiantés lors des travaux menés. Monsieur le Conseiller de Gouvernement pour l’Intérieur a indiqué qu’il rassemblerait des informations plus précises sur cette question délicate.

Au terme de cette réunion, au cours de laquelle les échanges ont été à la fois francs, directs et cordiaux, le SEM a réaffirmé la nécessité d’une communication plus soutenue et plus fluide entre l’administration et les représentants syndicaux, tout en rappelant sa volonté de continuer à être, plus que jamais, une force de proposition au service de la communauté éducative en cette période de crise inédite. Celle-ci, conviennent le SEM et la DENJS, pourrait être l’occasion d’une réflexion de fond sur les pratiques et les temps scolaires ainsi que l’usage du numérique.