Compte-rendu de la réunion du 20/10/2025 avec la DENJS

05.11.2025

Le SEM a été reçu à la DENJS dans le cadre des rencontres de travail trimestrielles prévues. Étaient présents Jean-Philippe Vinci, Directeur, Rémy Garoscio, Directeur adjoint, et Nadège Galvagno, collègue enseignante et chargée auprès la DENJS d’une mission pour assurer notamment le lien entre les enseignant·es et l’administration ; le SEM était représenté par David Barral (LA1), Secrétaire général, et Laurence Aureglia (École du Parc), Secrétaire générale adjointe. La conversation s’est tenue dans une ambiance détendue, la disponibilité et l’écoute bienveillante de nos interlocuteurs ne faisant aucun doute.

Droit à la déconnexion

Monsieur Vinci a ouvert la conversation sur le Billet d’Humeur proposé par un adhérent et publié le matin même sur le site du SEM avec envoi au corps enseignant. Précisant que la liberté de publier les contenus que nous souhaitions nous appartenait entièrement, il s’est dit globalement en accord avec la substance du texte. Il en a profité pour rappeler que la DENJS est particulièrement attachée au Droit à la Déconnexion que le texte et l’avis mettent en avant ; les enseignant·es sont entièrement libres de configurer les paramètres de communication de Pronote (sous l’onglet « Mes données » -> rubrique « Compte » -> Onglets « Préférences de contact » et « Droit à la Déconnexion ») comme bon leur semble. Le retour aux paramètres d’origine constaté par les enseignant·es dans certains établissements est peut-être la conséquence d’une mise à jour de Pronote ; il ne s’agit en aucun cas d’une directive de la DENJS, qui réaffirme son plein soutien à cette liberté des enseignant·es.

Restrictions de l’usage de Pronote

Sur la question des restrictions d’usage pour les enseignant·es à la plage 7h00-20h00, le SEM a fait valoir les problèmes pratiques que cela pose pour nombre d’entre nous, notamment ceux et celles qui habitent loin. Le SEM défend le droit de tou·tes à se servir de l’outil quand ils ou elles le souhaitent/en ont la possibilité — au moins dans la communication avec leurs collègues, voire dans des situations exceptionnelles concernant des demandes formulées par les élèves pour le jour suivant. En réponse, la DENJS a d’abord évoqué la nécessité de protéger les personnels en fixant des limites au temps professionnel, argument que le SEM entend bien. Cependant, le SEM est de l’avis que le droit à la déconnexion n’implique pas l’obligation à la déconnexion ; les enseignant·es doivent être libres et responsables de leurs choix, et pouvoir s’organiser comme ils et elles le veulent. Si l’on doit influer sur des habitudes de travail jugées non optimales, cela doit se faire par l’information et l’accompagnement, par la formation aux meilleurs pratiques et non par l’imposition paternaliste—dont nous ne remettons pas en cause les bonnes intentions.

Le SEM a donc plaidé pour une distinction entre 1) la communication entre parents et enseignant·es et 2) la communication entre enseignant·es, voire entre enseignant·es et élèves. La DENJS va se pencher sur la question, ayant convenu qu’une telle distinction semblait légitime.

La DENJS rappelle à toutes fins utiles que les devoirs doivent être annoncés en classe ; s’ils sont donnés pour le lundi, il faut qu’ils figurent sur Pronote le vendredi.

Note de service du 1er octobre 2025 sur le remplacement ponctuel des enseignant·es en charge de classe 

Sur la question de la Note de service du 1er octobre 2025 sur le remplacement, à destination des collègues du primaire, la DENJS a précisé son intention : il ne s’agit en aucun cas de rendre possible le remplacement ponctuel des professeurs en charge de classe absents par d’autres professeurs en charge de classe, sur les créneaux de l’anglais ou de l’EPS, par exemple. Les personnels visés par la Note sont les enseignant·es de FLE, de soutien, ou ceux et celles avec des missions spécifiques, et non en charge de classe à l’année : la DENJS est consciente que ce n’est pas optimal, mais l’alternative d’une classe de primaire sans enseignant·es diplômés n’est pas envisageable. La DENJS rappelle la création d’une brigade de quatre remplaçantes cette année, brigade qu’elle souhaiterait étoffer à l’avenir. Le SEM soutient pleinement cette volonté.

Remplacements dans le primaire et le secondaire : suggestions du SEM 

À la question du SEM sur la possibilité de solliciter des enseignant·es réservistes pour pallier les absences dans le primaire comme le secondaire, la DENJS répond qu’il faut étudier la chose statutairement. La question de la rémunération se poserait, les personnels ainsi mobilisés ne pouvant normalement pas faire valoir leur échelon de sortie. Des exceptions ont cependant été faites par le passé ; il faudra voir dans quelle mesure il est possible de déroger à cette règle afin de rendre le remplacement financièrement intéressant pour les réservistes. Par ailleurs, la DENJS travaille sur d’autres pistes intéressantes.

Sentiment de mal-être des enseignant·es au sein des établissements

Le SEM a rappelé que, pour répondre aux nombreuses remontées des adhérent·es et collègues évoquant un sentiment de mal-être, il travaillait à un audit sur le sujet, sous la forme d’un questionnaire en ligne qui sera envoyé à tou·tes les enseignant·es dès sa finalisation. Particulièrement en cause dans les remontées du terrain, les relations et la communication avec les personnels de Direction des établissements ; d’après les témoignages recueillis, les établissements où tout se passe bien seraient l’exception.

La DENJS ne minimise pas ce sentiment chez ses personnels. Elle rappelle cependant que le recrutement des nouveaux personnels de Direction est conditionné au concours français, et que ceux déjà en poste suivent régulièrement des formations en management des équipes et en communication avec les autres cadres de l’administration.

Autoévaluation au CCIII 

La DENJS a ensuite évoqué l’Auto-évaluation actuellement en préparation au CCIII. Selon la DENJS, c’est un outil puissant entre les mains des professeurs, qui peuvent s’en saisir pour être force de proposition ainsi que pour faire remonter les éléments négatifs.

Sur ce point, le SEM a observé que, lorsque les relations — notamment avec les directions d’établissements — sont problématiques et contribuent au « malaise » du corps professoral évoqué ci-dessus, il est légitime que les enseignant·es ne se trouvent pas nécessairement dans les meilleures dispositions pour s’investir dans un tel projet.

Encore une fois, la DENJS entend le sentiment ; pour elle, l’auto-évaluation est précisément l’occasion de pointer du doigt ce qui ne va pas et de retisser le lien, les quatre domaines abordés permettant une approche exhaustive des problèmes. La DENJS indique d’autre part que les travaux de réflexion (dont les groupes ne sont pas censés être limités en nombre de professeurs) seront conduits sur des demi-journées banalisées. Elle précise enfin que cette auto-évaluation sera recueillie par des évaluateurs externes neutres, qui se prononceront sur « les forces et les faiblesses de l’établissement », dans le langage du document de référence présenté par Rémy Garoscio.

(Nota bene : le document de référence n’a pas été transmis aux enseignant·es du CCIII en amont des demandes d’inscription aux différents groupes de travail ; ils et elles n’ont pas été informé·es, en amont de l’inscription et de la réunion du 20 octobre, que les groupes de travail opèreraient sur le temps de cours).

Enfin, la DENJS tient à rassurer les enseignants quant aux implications de cette auto-évaluation : il n’est pas question de modifier la durée des détachements ni la rémunération des personnels. Il s’agit uniquement de vérifier la conformité des enseignements.

Réunions d’enseignant·es du primaire sur la pause méridienne

Après demande par le SEM d’un rappel sur le cadre réglementant la pause méridienne, la DENJS a indiqué le strict droit à une pause de 30 à 45 minutes. Le SEM et la DENJS ont constaté que cela était incompatible avec certaines réunions imposées par la Direction de certains établissements du primaire.

Réunions intersyndicales : retour sur le fiasco de 2024-2025

Ensuite, le SEM a informé la DENJS du manquement de la Direction des Ressources Humaines et de la Formation de la Fonction Publique (DRHFFP) à son devoir de permettre, dans le plus strict respect du droit syndical monégasque, l’organisation de réunions d’information syndicales (RIS) dans les établissements. La DENJS, n’étant pas au courant de cet état de fait, a accepté la proposition du SEM d’être jointe en copie des courriers envoyés cette année à la DRHFFP dans le but d’assurer l’organisation des RIS en 2025-2026.

Inscription au Centre de Loisirs pour les enfants des enseignant·es de la Principauté  

Enfin, dénonçant comme intenable l’argumentaire de la précédente direction (« les professeurs ne travaillent pas pendant les vacances »), le SEM a demandé que soit réinstituée la possibilité pour les enseignant·es de la Principauté de demander l’inscription de leurs enfants au Centre de Loisirs de la DENJS. Convenant que l’argument n’était pas recevable, la DENJS a néanmoins expliqué que le Centre de Loisirs était déjà, en l’état actuel des choses, en très forte tension. Ne fermant pas la porte à notre demande d’une possibilité de principe, la DENJS va étudier la question.